Ma ville, quelle histoire !

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Cahiers de l'Association de L'histoire locale de "l'Orme du bout"


IX - Les communs du château de l’Arbalète (xviieme siècle)

Du château de l’Arbalète, aujourd’hui entièrement détruit, il ne reste plus que les communs et le parc. Les communs n’ont rien de véritablement remarquables mais ils sont les plus anciens bâtiments existant sur la commune.
L’origine du château remonterait au xvieme siècle. En 1552, Guy III de l’Arbalète devient seigneur engagiste de Corbeil. Il est probable qu’à cette époque il cherche à installer une maison des champs à Grigny. Elle fut créée par l’achat de la moitié du grand fief de la Clochette, l’autre moitié ayant été légué à l’Hôtel Dieu de Paris.

Le château de l’Arbalète a souvent été associé à tort au culte des protestants sur Grigny. C’est peut être parce que Guy III de l’Arbalète était protestant que l’abbé Lebeuf écrit dans son histoire du diocèse de Paris, 1757, tome XII : “L’Arbalète est une maison de Grigny, du côté de Ris, dans laquelle avait été le prêche calviniste. Ce fut en expiation de cette entreprise que fut fondée au château de Grigny une chapelle du revenu de 400 livres. Ce nom de l’Arbalète pourrait lui avoir été donné par des descendants des vicomtes de Melun.”

En fait l’exercice du culte protestant à Grigny qui dura 10 mois, de mars à janvier 1600, fut tenu dans un lieu suffisamment grand pour accueillir la foule des protestants venus assister au prêche chaque dimanche matin et soir. Il avait lieu au château de Grigny, qui était situé plus haut dans le village, à l’emplacement de l’actuel mairie, route de Corbeil, chez le seigneur des Bordes et de Grigny, Josias Mercier. Ce château de Grigny fut détruit au tout début du xixeme siècle. Une autre rumeur a couru sur ce château qui n’est aucunement fondée mais qui le fait rentrer dans légende : Henri IV l’aurait fait construire pour l’une de ses maîtresses...

X - Les lacs de Grigny (1920)

Une autre branche de la famille Piketty exploite le sable par l’intermédiaire de la Compagnie des Sablières de la Seine (C.S.S).

Avec l’exploitation du sable, le paysage de notre commune va considérablement se modifier. Avant les sablières, les étangs de la Justice, de la Plaine Basse, de la Place Verte et de l’Arbalète n’existaient pas. A la place l’essentiel de ce secteur était consacré à la culture. Le paysage était le suivant : depuis la R.N. 7, une route traversait les champs et desservait directement le château de l’Arbalète par le mail des Marronniers. C’est à cet endroit que la société Piketty et la compagnie des Sablières de la Seine entreprirent les premières fouilles.

Les cavités provoquées par l’extraction des sablières, se remplissent peu à peu de l’eau de la Seine. Les étangs sont nés d’un manque d’engagement de la part des employeurs qui ne comblèrent jamais ses cavités. Les étangs grignotent la surface cultivée atteignant 106 hectares en 1955 soit plus de 20% de la superficie de la commune. Pour les gamins du village, ce lieu devient le “Sahara”, un formidable terrain de jeu. Le dimanche, les pêcheurs se retrouvent au bord des étangs et plusieurs guinguettes ouvrent leur porte comme “le Casino des Pêcheurs” qui se trouvait sur l’actuel emplacement du restaurant la “Criée” en bordure de la nationale 7.
C’est en faisant des fouilles dans ce secteur que le docteur Durville découvrit en 1938 puis après la guerre de nombreuses sépultures de l’époque mérovingienne.

XI - L’église Saint-Antoine, Saint-Sulpice (xiieme et xiveme siècle)

L’église Saint-Antoine Saint-Sulpice est sise à flanc de coteau devant son cimetière, avec son solide clocher. D’apparence rustique, l’église se révèle être un bâtiment simple, élevé au moyen de la pierre de Grigny, la meulière. Elle se constitue d’une nef et d’un bas côté ou épître, placés au sud, lesquels sont éclairés par quelques ouvertures. La tour est plantée au midi et se trouve sur la même ligne que le frontispice. Elle est butée de rustiques contreforts et se termine en pyramide. Elle est à deux étages et ses ouvertures sont en plein cintre. Une partie de l’église date du xiieme siècle et l’autre partie, la plus importante, du xiveme siècle. A l’origine elle ne devait comporter que le bas côté droit de l’église ou chapelle de la Vierge. Erigée en cure depuis le xiiieme siècle, elle est placée sous le double patronage de Saint-Antoine, premier ermite, Saint-Sulpice, évêque de Bourges. Auparavant, elle dépendait de Viry-Châtillon.

XII - La maison de Sidney Bechet

De 1950 à 1954, le célèbre jazzman Sidney Bechet a séjourné à Grigny.
Le petit village situé à proximité de Paris a permis au musicien de se reposer des tumultes de la vie parisienne. Préservé de l’urbanisation, Grigny à cette époque est encore un coin de verdure où de nombreux Parisiens viennent passer leurs vacances. Les Grignards racontent que c’est à Grigny que Sidney Bechet aurait composé son air le plus célèbre “Petite Fleur” ou encore “les Oignons”. Qui sait ?

XIII - Le presbytère (xviieme- xviiième siècle)

Bâtiment situé un peu plus haut dans la rue Pierre Brossolette, le presbytère était relié autrefois à l’église par un jardin et une allée bordée de tilleuls aujourd’hui disparus. A l’origine ce bâtiment hébergeait le vicaire de la paroisse et la salle de classe dans laquelle professait en 1755, Joseph Belot, un instituteur de Grigny.

XIV - La mairie-école des garçons (xixeme siècle)

En 1852, la commune de Grigny se trouve dans la nécessité d’agrandir son école, le local qui devait se situer tout à côté de l’église étant insuffisant pour accueillir tous les élèves qui fréquentent l’école. Après de nombreuses délibérations, le conseil municipal se décide à acheter la propriété d’un sieur Pluchet pour la somme de 5.600 francs, et d’un terrain voisin d’une surface de 4 ares appartenant à madame veuve Pelhestre et estimé à 1.000 francs, pour y établir la maison d’école, la salle de la mairie et un logement pour l’instituteur. Le financement de l’école a été payé en partie par le produit de la vente de l’ancienne maison d’école faite le 19 septembre 1858 dont la somme s’élevait à 1.800 francs. Cette première mairie-école aura servi de 1855 à 1931, date de la construction du groupe scolaire Gabriel Péri, qui accueillait aussi la mairie.

Elle fut mixte jusqu’en 1883, date de la mise en place d’une école des filles et fut donc, par la suite uniquement consacrée à la scolarisation des garçons.

C’est dans cette école qu’exerça l’instituteur du village, Jean-Baptiste Albert Leprêtre. Celui-ci tient une place particulière dans l’histoire de Grigny car c’est non seulement l’instituteur qui a exercé le plus longtemps dans le village, 26 années de 1898 à 1924, mais c’est aussi celui qui a écrit une monographie sur la commune dans le cadre d’une commande du ministre de l’instruction publique de l’époque.

Vendu vers la fin des années 1930, la première mairie-école est devenue une propriété privée.

XV - Le complexe Gabriel Péri, mairie, écoles, salle des fêtes et douches municipales. (1933)

Toutefois malgré l’installation d’une école des filles et d’une section maternelle, les écoles à Grigny restent surpeuplées. Le conseil municipal, sous la présidence du maire René Piketty constate tristement que la classe enfantine, la classe des filles, la classe des garçons ont dépassé leur capacité d’accueil. En 1928, la capacité d’accueil de la classe enfantine est de 30 enfants, elle en accueille cinquante. Celle de la classe des filles est de vingt-cinq et une quarantaine d’élèves la fréquentent. Celle des garçons peut accueillir trente élèves et son affectif atteint cinquante-deux enfants. Le conseil municipal considérant la situation lamentable décide de faire une étude pour construire un groupe scolaire en rapport avec la situation.

Après avoir approuvé le projet du groupe scolaire réalisé par l’architecte monsieur Aubert, le conseil municipal achète un terrain à messieurs Louis et Alfred Police pour la construction de la nouvelle mairie-école, ainsi que les douches et la salle des fêtes. Ce n’est que trois ans plus tard que commencent les travaux de réalisation. Tout ce complexe est entièrement construit en pierre meulière, le matériau local par excellence, des fondations jusqu’aux façades ! Au début des années 60, compte tenu de l’expansion démographique de la commune (Cité des Blancs Manteaux et Potager de l’Arbalète) le groupe scolaire est surélevé d’un étage.

Aujourd’hui, l’établissement sert toujours d’école. Après la libération, on l’a baptisée “l’école Gabriel Péri “, puis avec l’arrivée des grands ensembles, on la surnomme aussi “l’école du Centre”. Depuis le début des années 70, l’école ne sert plus de mairie, quant aux douches, elles sont devenus un restaurant scolaire et la salle des fêtes un lieu de rencontre associatif et sportif.

XVI - Le lavoir fermé (xixeme siècle)

Le lavoir, connu sous sa forme actuelle, a été construit en 1873. Il est le résultat de plusieurs démarches municipales. En séance du 10 avril 1873, Eugène Colleau, maire de Grigny, communique les plans et devis dressés par l’architecte monsieur Harriot, pour la construction d’un lavoir communal, d’un bâtiment pour la pompe à incendie et d’un corps de garde pouvant servir de logement aux mendiants.

Le lavoir de Grigny est un lavoir élaboré et confortable, pourvu d’un toit et ceinturé par des murs qui lui donnent des allures de fortin. Il est surmonté d’un fronton triangulaire de pierre comprenant en son centre un disque. Il est soutenu par deux pilastres plats de chaque côté de son entrée. Au-dessus de la porte en bois, on peut encore lire “Lavoir municipal”.

Le bas des murs ainsi que le côté donnant sur la rue Pierre Brossolette sont en meulière et les joints réalisés en morceaux de briquettes rouges et en éclats de meulière.

Le lavoir est constitué de trois bassins de peu de profondeur : le barbotoir dont la fonction est d’essanger le linge, le grand bassin qui permet d’épurer le linge de son savon et le rinçoir. Le lavoir de Grigny est dit à impluvium central. Fermé sur quatre côtés, il comporte un toit à quatre appentis qui ne laissent à découvert que le plan d’eau central. Cette technique s’inspire de l’architecture des villas romaines où le bassin recueillait les eaux de pluie déversées par l’espace libre du toit. Ainsi le lavoir de Grigny est non seulement alimenté par la source principale du village mais aussi par la pluie.

Le château des Aiglons

C’est une ancienne propriété bourgeoise dont on retrouve la trace sur le plan terrier de 1753.
Le surnom “d’aiglons” provient d’une école crée en 1961 et dont la spécialité était de former des adolescents à la mécanique aviation. Il est curieux de voir que quelques décennies plus tard comment dans l’inconscient collectif des Grignards ce nom a été réapproprier pour devenir le nom d’un lieu.

Les maisons de ville et les petits collectifs ont été construits en 1992.
Ces maisons relèvent d’une démarche nouvelle qui tient compte de la ville ancienne.
Entre 1986 et 1990 les Grignois ont livré une lutte sans merci contre un promoteur qui voulait construire huit immeubles de grand standing en plein cœur du village.



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