LE POT AUX ROSES
Pour fêter les trente ans de la Grande Borne,
Un jeune artiste nommé
«le Pote aux roses»,
Eut, un soir, une idée un peu folle.
Il souhaitait faire une surprise aux habitants
Juste histoire d' égayer le quartier.
Il savait qu'ici la vie n'était pas toujours rose,
Et même parfois un peu morose,
En une nuit, il décida de peindre en rose
Toutes les bornes
De la Grande Borne
Et même un pot aux roses.
Aussitôt dit, aussitôt fait :
Au matin, tout le monde fut stupéfait
Les maux roses de la vie
Semblaient bien moins moroses.
L'art oseur de la Grande Borne fut bien arrosé.
Même si ce n'était toujours pas la vie en rose.
Les habitants, plus joyeux l'espace d'un instant,
Avaient réussi à briser les chaînes de la monotonie.
La vie à Grigny
Ce n'est pas gris.
D'un autre regard
Ils voyaient leur ville.
EPHEMERE F.M. R
DANS MON QUARTIER
Dans mon quartier,
Il y a des immeubles colorés et bavards
Qui tournent lentement quand on marche.
Dans mon quartier,
Il y a des fruits, des fruits magiques
Sur des prairies de pelouse.
Dans mon quartier,
Il y a des animaux câlins et rieurs
Qui apparaissent au hasard d'un détour.
Dans mon quartier,
Il y a des gens parfumés et magnifiques
Qui nous font aimer la vie.
Dans mon quartier,
Il y a moi, le rebelle, le rêveur,
Qui se laisse aller
Dans le silence
A écrire ce poème.
Elisabeth de ROLAND
SUR MA COLLINE
A la Grande Borne,
Sur ma colline,
Je n'y vois pas couler le Nil,
Mais, chez moi, j'ai une pyramide.
Elle n'est ni grotesque, ni gigantesque.
Sans avoir à traverser un seul méridien,
Je peux imaginer la terre sans fin,
Sans barrière ni frontière.
On est si proches, voisins,
On est si proches, cousins.
La Grande Borne
C'est là que je suis né.
Si tu oses te donner un peu de liberté,
Je pourrai t'y inviter
A prendre le thé.
C'est tellement meilleur, accompagné.
EPHEMERE F.M. R
DEUX SIGNES ENCHEVETRES
Noir sur gris
Perds-toi mon ami, je te le dis
Par ici, viens mon doux petit, mon tendre.
Viens errer dans cette cité qui cache des trésors
Insoupçonnés d'humanité.
Prends ! Saisis-toi de ce repère, curieux : un sceau gravé sur le béton,
Le signe d'un espoir à offrir en partage .
Imprègne-toi de cette marque qui inscrit sur les volumes accolés
Sa trace indélébile.
Et perds-toi mon ami.
Tu n'es plus à Grigny, tu es en Grèce,
En Egypte ou à Rome.
Tu revis les légendes des temps lointains.
Lentement, la fleur de béton,
Délicate et fragile,
S'ouvre sous les traces des grands mythes oubliés.
Quel doux rêve !
Il s'enfuit, s'évanouit,
Au fur et à mesure que la fleur de vie étale ses pétales
Et que ceux-ci tombent fièrement sur le sol gris...
MELANIE
LES PETITS PAS
Depuis longtemps déjà,
Il errait à petits pas
Dans cette cité là,
A la recherche d'un petit toit.
Pas à pas il s'engagea dans la rue des petits pas
Et, enfin, il respira.
Il l'avait trouvé son petit toit sympa,
Dans cette rue là,
Où tout le monde marchait à petits pas,
Pressés ou pas
Nathalie CORRET
LE LABYRINTHE
Je tourne, tu tournes, il tourne
En rond, curieux manège,
Réseau compliqué de chemins tortueux.
Une ville, un lieu, une place.
Un cul de sac, bizarre,
Un œuf, un espoir.
Mais quel est ce tracé complexe
Qui m'éloigne de mon chemin
Et me transforme en voyageur ?
Elisabeth de ROLAND
RUE SERPENTE
La rue Serpente
Ondule, déambule,
En costume d'écaille mosaïque.
Mes pas suivent ta trace.
Tu sembles n'avoir ni début, ni fin
La légende dit
«Qu'on t'a donné le nom de cette rue
En mémoire d'un serpent géant
Qui serait passé par là».
C'est lui qui aurait donné
La forme de nos façades,
De nos murs oscillés
En courbes d'accordéon.
J'ai beau interroger les anciens,
Nul n'a vu l'ombre de son corps.
Cette histoire n'a ni queue ni tête.
Pourtant, certains disent l'avoir aperçu
Un jour de brume, au petit matin.
Dans les anciennes sablières,
Devenues aujourd'hui Lac de Grigny,
Des vagues ressemblent étrangement à ta forme.
T'y caches-tu ?
EPHEMERE F.M. R
APPREN-TISSAGE A LA GRANDE BORNE
Place du Labyrinthe
Je déroule le fil de ma destinée.
Parfois, j'ai peur qu'il se coupe.
Ce fil me relie au passé, au présent, à l'avenir.
Je ne connais pas l'issue de ce labyrinthe,
Mais j'avance.
Vais-je devoir combattre le Minotaure ?
Est-ce un rite initiatique ?
L'épreuve suprême pour devenir ce que je suis,
Un être humain.
Mon destin, j'en tiens une bonne partie entre mes mains.
Quand je rencontre quelqu'un, je lui serre la main,
Juste histoire de tisser des liens
Dans mon tissu urbain.
Mieux je le connais, plus j'aime et j'assume mon destin.
Le fil Ariane de l'histoire
C'est que tous mes tissages,
En trait d'union,
Devraient être soulignés d'un lien d'amour.
Allons filer un coup de main,
Allons filer un coup de pouce,
Tissons des liens d'amitié
Et, pourquoi pas, filer le parfait amour ?
F. MALLON F. M. R