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1962-1971 : Le bouleversement du petit village rural est engagé

Les prémisses du grand ensemble de la Grande Borne apparaissent dans les années 61-63. Ce grand ensemble est imposé par l’état, qui voulait construire des logements susceptibles de recueillir la population la plus modeste, chassée de Paris par les opérations de rénovation de la capitale (quartier d’Italie, le XIIIème arrondissement notamment ) comme le souligne l’extrait d’un rapport d’une commission d’enquête administrative menée en interne par l’O.P.I.R.P.H.L.M (Office Public Interdépartemental de la Région Parisienne d’Habitations à Loyers Modérés) :

“...cette opération a été placée à son origine dans le cadre de la politique gouvernementale de l’époque.
Elle fut proposée au même titre que les projets concernant :
- La cité de Chanteloup-les-Vignes
- La cité de Montigny-les-Cormeilles”

Un accord préalable à la construction de ce grand ensemble a été délivré le 17 janvier 1967 par la direction de l’équipement à l’O.P.I.R.P. et un permis de construire a été délivré le 10 octobre 1967 par le préfet de l’Essonne.
Dès lors et la municipalité prend conscience qu’elle aura du mal à s’imposer en matière d’aménagement du territoire et déjà elle cherche à s’opposer aux directives gouvernementales en affichant son désir de maintenir et de renforcer son autonomie communale :

“Considérant le décret du 14 février 1963 et leurs commentaires officiels qui dessaisissent les collectivités locales de leurs droits et de leurs pouvoirs en matière d’aménagement du territoire. La municipalité défendra en toutes occasions et par toutes voies opportunes les libertés communales, base essentielle de la démocratie” (délibération du 2 juillet 1967).

A partir de ce moment, Grigny, petit village rural sans histoire accroché aux flancs d’un coteau, s’inscrit dans l’histoire des “ trente glorieuses “.
Le Grand ensemble H.L.M. s’étendra sur 90 hectares sur lesquels seront construits 3 800 logements : 3 115 sur Grigny, 364 sur Viry-Châtillon, 206 logements I.L.N. appelés Patios et 90 logements pour la cité de transit LOGIREP (Logements et Gestion immobilière de la Région Parisienne). Celui-ci sera construit par l’entreprise Bouygues et prendra le nom du lieu-dit sur lequel il sera réalisé : les 3 Chais.
Grigny est choisi comme “réservoirs d’habitats” implantés loin des lieux de travail par la politique gouvernementale. C’est la politique des “grands ensembles” devant permettre à la capitale d’évacuer son trop plein de population.
Une raison peut expliquer ce choix :
Sa situation géographique qui, au nord-est du département, l’inclut dans la zone d’extension de la région parisienne.