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Dans la première moitié du siècle, la plus grande partie de la production agricole grignoise était le fait de 2 grandes exploitations : la Ferme Neuve et les Porcherons.
On y cultivait des céréales, blé, orge, avoine, mais aussi des betteraves, des pommes de terre, des haricots.
Les récoltes étaient bien sûr destinées au marché parisien.

La Ferme Neuve
Le nom évoque la modernité. C’est que les fermiers Godefroy, novateurs en matière agricole, ont toujours cherché à optimiser la production, à mécaniser le travail.


Une ferme immense
Deux cents hectares autour d’un bâtiment à cour fermée, la Ferme Neuve était la plus grande exploitation agricole de la commune. C’est une ferme de type beauceron.
Elle renfermait le logement des fermiers, deux étages de chambres domestiques et de greniers, des puits, un abreuvoir, un fournil, une laiterie, une bergerie avec grenier carrelé, un toit à porc, une écurie, une vacherie voutée, des granges à avoine, paille, blé et pour ne rien gâcher un colombier. C’était en ce temps, un signe incontestable de richesse.


Les propriétaires
Elle a successivement appartenu à Omer Joly de Fleury, seigneur de Grigny, à une duchesse, une comtesse et une marquise. En 1900, elle appartenait à la société Bouton-Piketty et était louée en fermage à Ernest Godefroy.


Quelques chiffres
En 1900, d’après l’instituteur J.-B. Leprêtre, la Ferme Neuve produisait 3200 hl de blé, 5400 hl d’avoine, 1800 hl de seigle, 2200 quintaux de fourrage. Toujours à cette époque, il y avait 28 ouvriers permanents et on embauchait à la journée, jusqu’ 400 saisonniers, souvent Belges ou Polonais.
Il y a eu jusqu’à 48 boeufs nivernais et le cheptel de moutons, brebis, agneaux était de 500 têtes.




On l’appelait la Marnière
La marne est une roche argileuse contenant du calcaire.
Il se peut, qu’à cet endroit, on ait autrefois exploité la marne pour amender les sols trop acides.


Une ferme moderne
Ernest Godefroy était l’héritier d’une famille qui y était installée depuis une cinquantaine d’années. Jusqu’en 1921, il renforçait son image de ferme «d’avant garde».
Il tentait autant que possible de mécaniser l’activité. Il a fait venir des moissoneuses-batteuses, de chez Mac Cormick aux États-Unis. Il a été le premier fermier de Grigny à posséder un tracteur.
Il a installé une ligne électrique équipée d’un treuil pour accélérer le labourage.
Il a organisé, pendant la première guerre mondiale, un concours général agricole, pendant lequel des machines nouvelles ont été présentées. Un évènement qui a même été honoré par la présence du Ministre de l’Agriculture de l’époque. Ernest Godefroy, également maire de la commune de 1894 à 1902, a été un bourgeois rural éclairé qui gèrait avec intelligence et cherchait à anticiper sur l’histoire.


Les Porcherons
Avec ses 70 hectares, la ferme des Porcherons, route de Corbeil, était moins grande. Elle était tenue de père en fils par la famille Saunier.

«Je suis né le 20 mai 1919, à la ferme des Porcherons. Mes parents étaient agriculteurs. Ils avaient la deuxième ferme du pays, avec soixante-dix hectares. Ils cultivaient les céréales, le foin, la luzerne, les haricots, les pommes de terre... On était agriculteur de père en fils. Mon père, mon grand-père, mon arrière grand-père étaient de Grigny. D’ailleurs, tout Grigny, c’était des cousins à l’origine.»
Hubert Saunier.


Les fermiers nourrisseurs
Il n’y avait pas que des grands domaines à Grigny. A côté de la Ferme Neuve et des Porcherons de petits fermiers vivaient du travail de la terre. Ils pratiquaient surtout un élévage laitier. Deux exemples.


M. De Waële a quitté la Flandre au début du siècle pour venir faire la campagne de betteraves à Grigny. C’est là qu’il a rencontré sa femme, saisonnière agricole comme lui. Puis ils se sont installés sur la commune pour produire du lait.
«On nourrissait les vaches pour produire du lait, on avait une dizaine de vaches laitières. On faisait aussi de la culture maraîchère, petits pois, pommes de terre qu’on allait vendre au marché de la Gribelette, à Viry-Châtillon. Ma mère tenait un café : "Le Rendez-vous des Chasseur". Avec les constructions de Grigny 2 nous avons dû vendre nos terres.»


Les Laurenceau étaient des citadins mais rêvaient d’une ferme. «Après notre mariage en 1935, nous nous sommes lancés dans l’aventure. Nous avons choisi le petit village de Grigny parce qu’on avait entendu dire qu’on pouvait vendre facilement notre production de lait. (...) Puis mon mari est mort au début de la guerre.
J’ai poursuivi sa tâche et j’ai continué corps et âme dans la ferme. J’employais des ouvriers agricoles pour le foin. (...)
J’avais ma clientèle, les gens étaient contents d’avoir du lait frais.
Puis, avec les constructions sur la ville et l’âge venant, j’ai du vendre mes terres à la station Total.»