Au début du siècle on ne comptait guère plus de 600 «Grignards». Même si l’occupation du site était déjà ancienne, comme en témoigne l’église du XIIème-XIVème siècles, le village était resté modeste. Il a été édifié à l’écart des grandes voies de communication.
«A Grigny, on voit passer les trains, mais ils ne s’arrètent pas»
«La commune de Grigny, située dans l’arrondissement de Corbeil, fait partie du canton de Longjumeau. Elle est située à 8 km du chef-lieu de canton, à 9 km du chef-lieu d’arrondissement, à 29 km du chef-lieu du département et à 23 km de Paris. Elle est limitée au nord par la commune de Draveil dont elle est séparée par la Seine, à l’est par la commune de Ris-Orangis, au sud par celle de Fleury-Mérogis et à l’ouest par celle de Viry-Chatillon. Sa population est de 580 habitants et son étendue territoriale comprend 486 hectares. Au point de vue du relief du sol elle est divisée en deux parties bien distinctes : 1, la plaine basse, au nord, faisant partie de la vallée de la Seine et traversée par la route nationale No7 de Paris à Antibes et par la ligne de chemin de fer de Paris à Corbeil. 2, la plaine haute, au sud, formant plateau élevé de 60 à 80 m au dessus de la précédente. Entre les deux se trouve un coteau incliné au nord-est sur le penchant duquel est bâti le village de Grigny qui domine ainsi la vallée de la Seine.
...La commune n’est traversée par aucun chemin de grande communication; en revanche, elle posséde cinq chemins vicinaux ordinaires classés et divers chemins ruraux qui la relient aux communes limitrophes. La station de chemin la plus rapprochée est celle de Ris-Orangis, distante de 2,8 km. Ris-Orangis est aussi le bureau postal et télégraphique qui dessert Grigny»
Extrait de la monographie écrite, en 1898, par Jean- Baptiste LEPRÊTRE, instituteur. |

Sur la première carte routière Michelin, éditée en 1907, Grigny n’est pas mentionnée.
A cette époque, le village n’était relié aux communes voisines que par un réseau peu dense de chemins ruraux et vicinaux.
A flanc de coteau
C’est sur le côteau que les maisons ont été construites. D’abord parce que c’est là qu’il y avait des sources, mais aussi parce que la plaine basse était trop humide, trop souvent inondée et le plateau trop venté.
L’habitat s’est concentré le long de la Grande Rue (actuelle rue Pierre Brossolette) et au bout de la rue des Lombards (Rue Gabriel Peri).
La rue de Rivoli
A la fin du XIXème siècle, une nouvelle voie a été ouverte : la rue du Clozeau. C’était, avec la place des Marronniers, le cœur du village. On y trouvait la mairie-école et le lavoir communal.
La rue des Lombards Plan de Grigny réalisé par J.-B. Leprêtre, instituteur 
|
La grande rue et l’église
Seul élément de confort dans le village, en 1900, les rues étaient éclairées par cinq bec de gaz.
Le lavoir communal était à cette époque le centre du village. Les Grignards s’y rencontraient en venant chercher de l’eau, faire la lessive ou assister à l’entraînement des pompiers.
L’école et la mairie étaient en face.
Le lavoir communal La mairie-école, rue du Clozeau
La vie quotidienne
La vie des Grignards était laborieuse. Beaucoup d’hommes ou de femmes, travaillaient quotidiennement et cumulaient plusieurs emplois pour vivre.
Souvent, pour leur consommation personnelle ou pour vendre au marché, ils cultivaient sur de petites parcelles, de la vigne, des légumes, des arbres fruitiers et élevaient de la volaille...
|
«Ma mère allait travailler à la ferme. On allait glaner les pommes de terre ou du blé après les récoltes... à ce moment là, il était fauché à la faux et il y avait beaucoup de perte. On élévait aussi des bêtes, des lapins. Enfant, après l’école, j’allais à l’herbe aux lapins. C’était la corvée des enfants. On allait aussi dans la forêt ramasser ou couper du bois mort.»
André Dieu |

La tradition ancestrale du glanage était encore vivace. Avec l’autorisation du propriétaire, les restes d’une moisson ou d’une cueillette étaient ramassés et aidaient à joindre les deux bouts.

|
«A cette époque, Grigny était éclairé par des becs de gaz. C’est mon arrière grand-mère qui les allumait et les éteignait. Elle aidait aussi les femmes à accoucher; il n’y avait pas de docteur à Grigny. C’était le Docteur Crépin qui venait de Ris-Orangis... à cheval. La police était assurée par le garde-champêtre et les gendarmes de Ris qui faisaient leur ronde à cheval. Les rues et le cimetière étaient entretenus par deux cantonniers, M. Guimas et, M Cotinot. Le prêtre, l’abbé Rainbout desservait aussi Fleury. On pouvait se ravitailler chez Beaupin, Malassis, Pezet ou Bandini qui tenaient quatre épiceries et débits de boissons. On achetait notre viande chez M. Levacher, le boucher et le pain chez M. Zinck, le boulanger.»
René Baggio |
|