Discours des vœux de Philippe RIO

Samedi 9 janvier 2016

 


Au nom du conseil municipal, je vous souhaite à toutes et à tous une belle et douce année 2016. Nous vous présentons nos meilleurs vœux de respect et de gentillesse, de rires et de bonheurs partagé, nous vous souhaitons de l’amour et de l’amitié, de la paix et de l’humanité et, bien sûr, la liberté, l’égalité surtout, la fraternité et la laïcité.

Avec mes collègues de la municipalité, nos premières pensées vont aux familles et aux proches des victimes des actes de terrorisme qui ont ensanglanté l’année 2015 : victimes de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Casher de Vincennes en janvier ; victimes de l’attentat du 13 novembre de Parsi et Saint-Denis.

Nous avons une pensée pour Zaïra Zine qui a été maire adjointe et conseillère municipale, militante infatigable, elle nous a quittés la semaine dernière. Nous avons une pensée sincère pour sa famille et ses enfants.

2015 restera comme une année qui nous a mis à rude épreuve, et c’est peu dire. Et pour tout dire, je suis heureux de partager ce moment convivial Mais dans cette adversité, encore inconnue jusqu’alors pour beaucoup d’entre nous, et à l’image de cette mobilisation du 11 janvier, retenons que toutes et tous restés debout ! Toutes et tous, nous sommes restés unis dans la diversité de nos croyances et de nos options philosophiques ou politiques ! Toutes et tous, nous avons réaffirmé notre volonté de faire de notre diversité la force de notre fraternité, convaincus que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise.

Souvenons-nous de nos rassemblements laïques et citoyens de l’après-Charlie et du mois de novembre, notamment avec les représentants des communautés religieuses – catholiques, musulmans, hindous, juifs – qui ont su faire vivre l’intelligence et la sensibilité des religions à Grigny.

Merci aux croyants comme aux non croyants d’avoir eu aussi l’intelligence collective de ne pas faire d’amalgame entre la barbarie et les choix confessionnels. Quelle belle leçon de laïcité !

Merci également à Élan citoyen, ce collectif d’habitants de Grigny mobilisés pour dire non à l’intolérance et oui au « vivre ensemble » qui contribue à forger notre identité commune.

Merci à Hani Al Hayek, maire de Beit Sahour, cette ville près de Bethléem en Palestine, membre du réseau « Maires pour la Paix ». Il n’a cessé d’un endroit du monde bouleversé de nous dire de tenir bon et vivre en paix.

Merci à Valter Orsi, maire de Schio, qui a tenu à nous adresser ses condoléances : « Notre histoire commune qui lie profondément Grigny et Schio a été construite aussi sur la sueur de nos émigrés pacifiques qui sont arrivés dans la région parisienne il y a plus d’un siècle pour venir chercher le travail, la liberté et la chance. J’espère que leur souvenir ainsi que celui de tous les autres travailleurs d’autres nationalités qui ont vécu chez vous dans la paix plus fraternelle puissent servir d’exemple aux générations actuelles et à celles du futur ».

Merci enfin à tous ces militants de la citoyenneté, Grignois de cœur et d’esprit, dont les interventions ont utilement rythmé l’année 2015. Je pense, entre autres :

  • Aux quatre jeunes Grignois de Reporters citoyens , Samba Gueye, Haya Diakité, Djigui Diarra et Melissa Burkler qui ont réagi avec force et intelligence aux attaques journalistiques stigmatisant notre ville et ses habitants et dont la vidéo « Nous voulons vivre en paix en France » a déjà été vue plus de 100 000 fois sur Internet ;

  • Aux jeunes collégiens qui ont rencontré les Hibakushas, survivants du feu nucléaire d’Hiroshima et Nagasaki ! Quelle leçon de vie !

  • À la remise de la Légion d’Honneur par le Ministère de la Culture en avril dernier à Martine Vincent, et bien plus largement aux habitants de la ville:

  • À la Garde républicaine d’être venu au collège Jean Vilar,

  • À la venue de Monsieur Doucouré Ladji le 6 mai pour une fête sportive ou encore à l’USG foot qui a permis d’accueillir 850 jeunes filles de toute la région Île de France pour l’opération filles au foot ;

  • À la journée internationale de la paix le 21 septembre dernier au cours de laquelle nous avons inauguré le Pont de la Paix et une stèle en hommage à Jean Jaurès.

  • Aux rassemblements pour la paix après les attentats d’Ankara ou nous étions plus de 250.

À l’heure où le son des canons résonne, nous avons plus que jamais en mémoire cette phrase d’un père soldat mourant à son fils, lue par Jean-Paul Goulier, représentant des anciens combattants, lors de la commémoration du 11 novembre : « Souviens-toi que la guerre est une chose laide, que c’est à la paix qu’il faut travailler ».

Et comment oublier ce mot du paysagiste spécialiste du séquoia, M. Blaise, agressé lâchement au couteau pour avoir planté un arbre et qui me disait que « ce séquoia de Californie est arrivé là par hasard, qu’il n’aurait jamais dû vivre ici et que, comme les gens de la Grande Borne, c’est un déraciné qui a pris racine ici pour vivre simplement » ?

Bravo donc aux fonctionnaires, enseignants qui ont fait un boulot remarquable, policiers, pompiers et agents du service public local de votre sens des responsabilités

Oui à Grigny, nous sommes restés unis pour réussir Grigny. Alors à toutes et tous Merci et bravo !

Ensemble nous avons agi pour vivre la République et la République pour tous.

Justement, parlons-en !

Face aux atrocités qui ont endeuillé le pays, nous avons déjoué les pièges et les tentatives de ceux qui voulaient nous enfermer dans un déterminisme social et territorial consistant à dire que certains territoires – dont le nôtre, évidemment – favorisaient les monstres et les actes terroristes.

Mesdames, Messieurs, Grigny n’est pas un boulet de la République. En 2015, Grigny a fait honneur à la France. Dès janvier, le conseil municipal a rédigé un Manifeste de la République pour tous, que j’ai transmis en votre nom au Président de la République. Que disions-nous ?

Que l’égalité n’est malheureusement plus à l’ordre du jour dans notre République. Notre devise, c’est plutôt « Liberté, Inégalité, Fraternité » !

Attention à ne pas chercher d’excuse sociale ou de pauvreté, mais il y a lieu de s’interroger quand notre société part à la dérive. Un pays qui sacrifie sa jeunesse sacrifie son avenir. Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler au Président de la République en janvier dernier, il est impératif de déclarer l’enfance et la jeunesse « grande cause nationale ». C’est urgent.

La République pour tous, c’est celle de la diversité qui préserve les identités de chacune et de chacun, quelles que soient leurs origines et leur situation sociale.

La République pour tous, c’est la République à réinventer. Il y a urgence à donner un nouvel élan populaire et citoyen à cette République sclérosé et sans volonté de combattre les inégalités sociales et économiques.

L’autre urgence, c’est l’urgence sociale. Et c’est maintenant, tant la désespérance alimente la haine et la peur du déclassement. La précarité tue à petit feu notre pays, car elle brise des vies et des familles.

Tout existe dans notre constitution pour des « Jours heureux ». Faisons appliquer le droit à l’emploi, garantissons le droit à l’éducation, le droit à la santé, donnons les moyens à la justice pour prévenir, enquêter, sanctionner, lutter contre la récidive. Donnons les moyens pour notre sécurité publique aux forces de police et de renseignement.

Pour cela, il faut changer de cap ; mettre le cap à gauche, enfin ; sortir de la camisole de l’austérité, s’extirper des griffes des fondamentalistes libéraux. Il n’y a pas de « main invisible », mais tout cela est le choix d’hommes et de femmes politiques, et du patronat.

Grigny, ville-monde, vit dans le monde une mondialisation complexe où nous ne sommes condamnés à rien de ce que veulent les puissants.

Regardons le monde. Syriza en Grèce, Podemos en Espagne, Corbyn en Angleterre, Sanders aux États-Unis.

Nous devons construire une nouvelle humanité planétaire, ici à Grigny, fondée sur le progrès, l’écologie et la paix.

Le succès de l’accord universel de 195 pays lors de la COP 21 en est une preuve et témoigne d’une nouvelle voie, d’une prise de conscience d’une humanité commune. Ensemble, agissons pour développer une écologie populaire, inclusive et non punitive, refusant « l’apartheid écologique ».

À Grigny, notre projet de géothermie évitera l’émission de 15 000 tonnes de CO2 par an. Nous sommes bien sûr utiles pour les Grignois, socialement et écologiquement, mais nous sommes également solidaires avec d’autres. Nous sommes inter-solidaires.

La nouvelle humanité planétaire.passe aussi par la paix. Or, nous sommes en guerre, une guerre fondée sur la colère et une guerre perdue : Bush en Irak, Sarkozy en Libye ?

Certains aiment la guerre pour la guerre, bien loin de ceux, comme nous, qui veulent faire la guerre à la guerre ou de l’esprit qui animait Paul Vaillant-Couturier écrivant que « l’intelligence défend la paix, l’intelligence a horreur de la guerre ». Qui comprend quoi au Proche et au Moyen-Orient ? Les alliances et les stratégies sont indéchiffrables et tout le monde peut comprendre que les réfugiés cherchent la paix pour vivre.

À tous les va-t’en-guerre, nous disons : « Vous voulez vous battre ? Et bien battons-nous contre les marchands d’armes qui réalisent d’énormes profits grâce à la guerre, battons-nous pour la paix et l’amitié entre les peuples, battons-nous pour les peuples en danger (Kurdes, Yézidis, Palestiniens, etc.) et ces femmes combattantes, battons-nous pour les réfugiés ; et ici en France, battons-nous contre les inégalités, battons-nous contre l’apartheid social et territorial, battons-nous contre le chômage et la précarité, contre la peur du déclassement et la mal-vie ; contre le racisme, le populisme, le FN ; battons-nous pour que les grandes valeurs ne soient pas portées par de petits esprits » !

Pour nous, 2016 sera comme toujours l’année où nous défendrons Grigny d’abord.

En premier lieu au sein de la nouvelle agglomération nommée Grand Paris Sud-Seine Essonne Sénart qui a vu le jour le 1er janvier. Taille : 24 communes. Poids : 330 000 habitants. Ses multiples parents se portent pour certains plutôt bien, pour d’autres un peu moins bien.

Sur 76 élus communautaires, il y aura 7 élus grignois (4 femmes, 3 hommes).

Cette nouvelle agglomération doit être une nouvelle force de frappe pour l’emploi et le développement économique, l’aménagement et l’écologie, la culture et le sport. C’est une opportunité merveilleuse si et seulement si les projets municipaux sont respectés, ce qui le sera car nous avons créé une coopérative de villes. Cette nouvelle agglo ne doit être ni une agglo de jeux politiques, ni une agglo de notables. C’est une agglo d’actions pour répondre aux urgences économiques et sociales.

Revenons à la CALE. Qu’on juge de son bilan au bout de 10 ans : des lacs dépollués et aménagés qui en font le premier espace lacustre de la Région Île de France et lui donnent une dimension écologique unique ; des projets de rénovation urbaine de qualité, le pont de la paix, un centre de formation et de professionnalisation devenu centre d’apprentissage sur la fibre optique, sur les compétences langagières et le savoir-être en entreprise.

Nous avons été raillés et moqués pour notre gestion différenciée des espaces verts et le « zéro phyto ». Et bien maintenant, l’interdiction des produits chimiques pour le désherbage est dans la loi ; comme quoi, nous étions bel et bien des précurseurs.

Sur la Régie de l’eau des lacs, la justice est saisie d’irrégularités et je ne ferai donc pas de commentaire.

Aux mauvaises langues et aux esprits chagrins, à celles et ceux qui ne veulent pas que Grigny réussisse, à nos détracteurs de tout poil, les chiffres de la séparation d’avec Viry-Châtillon offrent un aperçu des mensonges et des qu’en-dira-t-on nuisibles. Écoutez bien : Grigny entre dans GPS avec une dette de 645 € par habitant contre 1 600 € en moyenne dans la nouvelle agglomération. Nous sommes des élus responsables, rigoureux et sérieux dans la gestion. 104 agents de la CALE partent au sud, contre 143 au nord.

À Grigny, notre projet de ville avance. Je serai court car il faut laisser quelques surprises et d’autres moments seront consacrés à l’information et à la construction

Concernant la sécurité, le Préfet de région nous a annoncé en octobre que nous n’aurions pas de commissariat de plein exercice, mais qu’était étudiée la possibilité que Grigny devienne une zone de gendarmerie. C’était avant les attentats du 13 novembre, et depuis nous n’avons pas d’autres informations sur ce sujet.

Concernant la géothermie, tous nos partenaires sont d’accord : l’État, le CRIF, le CD 91, l’ADEME, l’ANAH, l’ANRU, AJA, GPS, les banquiers et même l’OPIEVOY. Mais ce sont de longues démarches. Longues, trop longues, vous avez raison, moi aussi je le pense. À la fin du trimestre,nous pourrons vous dire des choses plus concrètes concernant la date du début des travaux.

Les projets urbains avancent :

À la Grande Borne, la poursuite de la traversante, avec l’aménagement de la Plaine centrale et l’installation de jeux d’été ;

À Grigny 2, l’OIN-ORCOD qui va structurer le redressement durable de la copropriété ;

Dans le centre ville, livraison prochaine de logements et accélération de la réalisation du TZEN ;

Le contrat de ville est signé, mais pas ses conventions financières ;

Concernant la culture, la mémoire et la culture de paix, conventions avec la DRAC, partenariat avec les musées, avec la BNF ; continuation du travail de mémoire (centenaire de la Première Guerre mondiale, évocation de la « Force noire »), célébration de l’abolition de l’esclavage et installation d’un mémorial départemental, en hommage aux esclaves antillais ;

Formation à la fibre optique pour lutter contre la fracture numérique ou « apartheid numérique » ;

Création d’un Centre de santé ou d’un Office de santé (qui est un engagement pris par la majorité municipale).

Beaucoup de travail nous attend pour 2016, sans oublier la proximité et la participation des habitants.

Mesdames, Messieurs,

Bonne et heureuse année,

Vive la République pour tous !

Vive la France !

Vive Grigny !